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Démarche : Habiter la nature

Stéphanie Cousin, animatrice spécialisée environnement

[- Rencontre des Alouette à La Forge. Écrit de Denis Lachaud. Photographie d’Eric Larrayadieu -]

Stéphanie Cousin, l’île aux Fagots aux hortillonnages, Amiens ©Eric Larrayadieu

Je sensibilise les enfants dans les écoles et les centres de loisirs d’Amiens Métropole. Je suis actuellement saisonnière. Je travaille avec une collègue qui, elle, est permanente.

J’ai un BTS GPN (Gestion et Protection de la Nature) option Gestion des Espaces Naturels. Pour le côté animation, j’ai le BAFA, mais mon boulot d’animatrice nature, je l’ai appris en travaillant.

En 2009 j’ai créé l’association Symbiose avec mon mari autour des thématiques de l’environnement et de l’éco-construction.

Mon mari et moi on avait envie de construire notre propre maison. Il a suivi une formation en bioclimatique, il est revenu en disant « on va construire en paille ». Il est devenu formateur et consultant en éco-construction et bioclimatisme. Il anime des formations pour les compagnons du devoir, pour des architectes…

Nos premières actions ont été faites à Molliens. On a installé des nichoirs pour les chouettes, des gîtes à insectes. On a refait l’enduit en terre à la mairie. À l’époque j’étais connue en tant que madame Chouette…

J’ai établi un catalogue d’animations destinées aux enfants. Tout dépend de leur âge, du nombre de fois où je les vois. Il s’agit de les sensibiliser à tout ce qui concerne l’environnement sur le territoire.

Je travaille à l’île aux fagots, aux hortillonnages. Ou sinon en forêt. Je peux proposer une animation ponctuelle sur le terrain ou bien une animation en deux temps :  la première en classe et la deuxième en forêt, ou dans les hortillonnages. Il y a aussi des classes que je vois une fois par mois.

En primaire, je travaille avec les différents niveaux.

Avec les CP, CE1, CE2, je présente les hortillonnages, je les situe dans la ville, on nomme les cours d’eau, on parle des jardins, de leur utilisation, on parle des plantes, des animaux qui y vivent. Je travaille en discutant avec les enfants. Je réagis à ce qui les intéresse, ça oriente le travail.

Avec les CM1 et CM2, je parle aussi de l’histoire des hortillonnages.

J’interviens parfois avec des 6e, à la demande.

En maternelle, on centre le travail sur le vivant, la manipulation fine, au niveau des doigts. J’arrive avec une valise de jeux qu’on a créés. Par exemple on travaille autour de la grenouille, on brode une histoire, la reproduction, la nourriture, la vie et la mort…

Même principe autour de la forêt.

Je fais de la cuisine sauvage avec les enfants. Je prends un groupe de 12 à 15 enfants et on cuisine avec des plantes sauvages, des plantes qu’on n’utilise plus, qu’on a oubliées, comme par exemple les orties, le sureau, le plantain, le lierre terrestre. C’est en fonction de ce que je trouve. Il n’y a pas de pesticides là où on travaille et c’est interdit aux chiens.

Le lierre terrestre a un goût de menthe, ça m’a donné l’idée de l’utiliser dans des gâteaux, des mousses au chocolat. Je prépare aussi des cakes ou des soupes aux orties.

Ce que je sais sur les plantes sauvages, je l’ai appris par moi-même. C’est parti d’une envie. Et j’ai des cobayes à la maison. Les enfants adorent.

J’ai mon livre de recettes au travail. On teste tout avec ma collègue. Puis on adapte les recettes aux enfants, pour les lecteurs, pour les non-lecteurs avec des pictogrammes.

Les enfants d’aujourd’hui ont du mal à rester concentrés en extérieur.

Sortir en forêt ça leur plaît. Ils ont besoin de sortir.

Par moments je les laisse grattouiller, c’est comme une récréation. Ils ramènent ce qu’ils veulent, ce qui les intéresse.

Il y a des enfants que je retrouve tous les ans. J’ai la satisfaction de les voir grandir, évoluer. Je travaille par exemple avec des classe ULIS (Unité Localisée pour l’Inclusion Scolaire). Je les connais, je connais leurs difficultés, on travaille dessus. Les anciens expliquent aux nouveaux, ils s’investissent.

Ils sont fragiles, ils peuvent se braquer très vite. Il faut créer un lien de confiance. ils sont très intéressants, affectueux, demandeurs.

Certains qui ont un comportement difficile évoluent en grandissant. C’est très gratifiant de l’observer.

Mon BTS GPN, je l’ai fait pour exercer ce métier. C’est le métier que j’ai toujours voulu faire.

Mon planning de l’année est plein à 80% dès le mois d’octobre.

Durant les vacances scolaires, je travaille avec les centres de loisirs.

Cette année, on a aussi travaillé avec des personnes âgées.

Action réalisée

Auteur.e.s
Denis Lachaud

					    Productions liés
- Rencontre avec Stéphanie Cousin (18)