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L’agriculture biologique… Késako ?

[ Le 29 août 2020, écrit de Sophie Douchain ]


En réaction à l’amorce de l’intensification de l’agriculture, une volonté de respecter les équilibres naturels et la biodiversité, fait son apparition en France dans les années 50, trente après son apparition en Suisse, en Allemagne et en Grande Bretagne. Le premier cahier des charges privé fait son apparition en 1972. La France reconnaît en 1980 une agriculture sans produits chimiques de synthèse, puis homologue et harmonise en 1981 les cahiers des charges privés existants. Un règlement européen est adopté en 1991 pour les productions végétales, élargi pour le secteur animal en 1999. En 2013, le ministre de l’Agriculture lance le programme « Ambition Bio 2017 » qui a pour objectif de donner une nouvelle impulsion au développement et à la structuration de la filière, en doublant les surfaces et en augmentant la consommation française de produits issus de l’Agriculture Biologique.

L’agriculture biologique se définit comme un système de gestion agricole et de production alimentaire qui allie des pratiques respectueuses de l’environnement, un haut degré de biodiversité, la préservation des ressources naturelles, l’application de normes élevées en matière de bien-être animal et une méthode de production recourant à des substances et des produits naturels. Elle vise à établir un système de gestion durable de l’agriculture à travers une amélioration de la qualité du sol, de l’eau, des végétaux et des animaux et à travers un développement de la biodiversité. Elle vise également un principe d’équité en entretenant des relations humaines de façon à assurer l’équité à tous les niveaux et pour tous les acteurs (producteurs, salariés agricoles, transformateurs, distributeurs, commerçants et consommateurs).

Les produits qui peuvent être biologiques sont les produits agricoles non transformés (céréales, légumes, fruits, lait œufs, animaux, fleurs), les produits transformés destinés à l’alimentation humaine (pain, fromage, plats cuisinés), les aliments destinés aux animaux et les semences et matériels de reproduction végétative.

Selon les données de l’Agence Bio, en 2019 8,5% de la surface agricole était bio, ce qui représente 2,3 milliards d’hectares, soit deux fois plus qu’en 2014. Le marché du bio représentait 6,1% des achats alimentaires des français (consommation des ménages et hors foyer), soit près de 12 milliards d’euros de chiffres d’affaires, ce qui place la France en deuxième position derrière l’Allemagne.

Les obligations pour les opérateurs du bio

Tous les opérateurs (producteurs, transformateurs, grossistes, importateurs…) doivent faire part de leur activité à l’Agence Bio et doivent passer un contrat avec un organisme certificateur agréé par l’INAO l’Institut NAtional de l’Origine et de la qualité qui contrôlera l’activité. Ils étaient 70322 en 2019 (47196 producteurs, 19311 transformateurs et 8813 distributeurs).

Il ne leur est pas permis de recourir aux pesticides et engrais chimiques de synthèse. Les OGM et les produits obtenus à partir d’OGM sont interdits en production et en transformation.

Les produits transformés ne peuvent contenir que des additifs et auxiliaires technologiques limitativement énumérés.

Des conditions d’élevage sont imposés, ainsi l’élevage hors sol est interdit, tous les animaux doivent avoir accès aux parcours extérieurs et les ruminants doivent être en pâturage dès que le temps le permet. Chaque animal doit disposer d’un espace bien aéré, de lumière et d’une surface minimum, paillée à l’intérieur des bâtiments lui permettant de bouger librement. La densité et la taille des bâtiments sont limitées. Les traitements hormonaux, le clonage et le transfert d’embryon sont interdits. La nourriture des animaux est obtenue suivant les règles de l’agriculture biologique. Les jeunes mammifères sont nourris avec des laits naturels et de préférence le lait maternel. Le gavage est interdit. Les races choisies sont de préférences locales. La santé des animaux est axée sur la prévention avec des méthodes d’élevage stimulant les défenses immunitaires, et en cas de problème sanitaire, l’homéopathie et la phytothérapie doivent être utilisées en priorité. Si des médicaments vétérinaires doivent être utilisés, ils ne doivent pas dépasser 1 à 3 suivant la durée de vie de l’animal et cela double le délai d’attente légal avant commercialisation. Toute intervention doit être consignée sur le cahier d’élevage et est vérifiée par l’organisme certificateur.

L’article 14.1 du règlement CE n° 834/2007 de la réglementation européenne en agriculture biologique précise que « toute souffrance y compris la mutilation est réduite au minimum pendant toute la durée de la vie de l’animal, y compris lors de l’abattage ».

Ainsi, l’attache est interdite, sauf en montagne et dans des situations précises, compte tenu des conditions climatiques et avec obligation de sortie au moins deux fois par semaine en dehors de la période de pâturage. La reproduction recourt de préférence à des méthodes naturelles, l’insémination artificielle restant autorisée. La castration ne peut être pratiquée que sous anesthésie ou analgésie. L’épointage du bec, l’écornage et le raccourcissement de la queue des agneaux ne sont possibles, à titre strictement exceptionnel, que pour des raisons de sécurité ou si elles sont destinées à améliorer la santé, le bien-être ou l’hygiène des animaux en évitant qu’ils se blessent les uns les autres. Les techniques de claustration, de muselière pour les veaux, ou tout régime carencé, sont interdits. La durée du transport des animaux d’élevage est réduite au minimum. L’embarquement et le débarquement s’effectuent sans utilisation d’un type quelconque de stimulation électrique destinée à contraindre les animaux. L’utilisation de calmants allopathiques avant et durant le trajet est interdite. Quel que soit le mode d’abattage, il doit être opéré dans le respect de la réglementation générale, et être indiqué sur le ticket d’abattage.

La production doit être séparée dans le temps et dans l’espace pour des productions mixtes (bio et conventionnelle).

L’étiquetage

Aujourd’hui il existe une trentaine d’organismes certifiant des produits bio. Privée ou public, une association est libre de créer une charte. Certaines sont plus exigeantes que d’autres en intégrant à leur critères la provenance française, le respect des conditions de travail des producteurs et le soutien aux valeurs écologiques.

Seuls les produits contenants au moins 95% d’ingrédients agricoles certifiés biologiques peuvent comporter les termes biologiques ou bio. En dessous de ces 95%, ces termes ne peuvent apparaitre qu’au niveau de la liste des ingrédients.

Depuis 2010, le label européen impose à tous les fabricants de produits issus de l’Agriculture biologique le logo de la certification Bio Europe. Si le logo AB est toujours présent à côté du logo « feuille verte » de l’Europe ce n’est uniquement parce que le premier est plus connu des consommateurs.

Voici quelques labels et ce qu’ils garantissent :

AB est la propriété exclusive du ministère français de l’agriculture qui en définit les règles d’usage. Cette marque garantit un aliment composé d’au moins 95% d’ingrédients issus de la production biologique et dont les pratiques d’élevage et agronomiques respectent le bien-être animal et l’environnement. Tolère 0,9% d’OGM par ingrédient.

Label européen d’harmonisation des labels bio gérés par les différents pays de l’union. Il complète l’étiquetage des produits de manière obligatoire depuis 2010. Tolère 0,9% d’OGM par ingrédien

Crée par la Fnab, Biocoop et Biomonde, il garantit au consommateur que le producteur respecte, en plus des normes et réglementations européennes aucun OGM, la ferme de provenance du produit devra être 100% bio dans tous les secteurs de production, l’alimentation animale est 100% bio et doit provenir en grande majorité de la ferme d’origine, le produit fini sera composé d’ingrédients 100% bio et il limite au maximum les antibiotiques et les antiparasitaires dans la production bovine.

Cette marque et label garantie une agriculture biologique et le respect des règles du commerce équitable. Elle est la marque pour les entreprises en partenariat avec les producteurs des pays émergents ou en voie de développement.

Fondé en 1924 et présent dans plus de 50 pays, Demeter est un label international des produits issus de l’agriculture biodynamique.
Ce label garantit un produit 100% biologique, une utilisation exclusive d’engrais et de paille biologiques et une alimentation 100% biologique et provenant de la ferme d’origine.

Le Marine Stewardship Council est un label écologique et social qui certifie que les produits de la pêche portant ce label, n’ont pas affecté ou surexploité les ressources naturelles. Il garantit également que de nombreuses précautions ont été prises afin de réduire au maximum les pollutions générées.

Fondé en 1964, Nature et Progrès a, en plus de proposer une agriculture biologique, l’objectif d’un projet d’une société humaniste, écologiste et alternative, basée sur des relations de convivialité et de proximité entre les hommes et leur milieu.

Bio partenaire se base sur la réglementation européenne en intégrant des critères humanistes. L’association se base sur les valeurs de commerce équitable en assurant un revenu juste à ses producteurs.

Bio ne rime pas forcément avec écolo

Le taux d’importation des produits biologiques se situe, selon l’Agence Bio, à 33,1% en 2019.

Acheter des produits venus de loin a un impact sur le bilan carbone…

Acheter des tomates ou des courgettes en hiver impliquent qu’elles ont poussées sous des serres chauffées…

Alors pour le respect de notre environnement, et tant que cela nous est possible privilégions les produits de saison et les circuits courts.

Documentation réalisée

Démarche :
Habiter la nature ? (en chantier)

Auteur.e.s
Sophie Douchain

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